Programme AMAZONIE - Analyse, modélisation
et ingénierie des systèmes amazoniens (programme interdisciplinaire
du CNRS)

L'objectif général du programme interdisciplinaire
de recherche Amazonie a été de développer en
Guyane, en lien avec l'implantation permanente du CNRS, l’effort
de recherche sur les systèmes amazoniens. Il s'est déployé
sur les années 2004 à 2011, permettant de faire progresser
au plus haut niveau les connaissances sur la biodiversité
amazonienne.
Acquis de la phase 1 pour la Guyane : un développement des moyens techniques et de terrain ; une plus grande structuration scientifique et institutionnelle, la création d'un savoir-faire régional .
Entre 2004 et 2008, le programme a en particulier permis :
- de lancer des opérations de recherches nouvelles : chimie
de la biodiversité, technologies bio-inspirées, écologie
des communautés, dynamique de la biodiversité, biologie
de la conservation (espèces en danger), maladies émergentes,
anthropologie, fonctionnement des écosystèmes (hydro/bio/geophysique)...,
•- de développer la prospective scientifique sur les
systèmes amazoniens : programmes, méthodologie (organisation
d'ateliers scientifiques),
•- de renforcer les moyens de recherche du CNRS en Guyane.
A la station des Nouragues : mise en place d'un ensemble d'équipement
pour l' étude de la canopée (COPAS, bulles des cimes)
, développement des infrastructures d'accueil et de travail
(carbets), mise à niveau des services (eau, électricité,
communications...) , description détaillée du terrain
et des communautés végétales et animales dans
la zone d'étude, etc.... Au barrage de Petit-Saut : financement
de la mise à niveau d'infrastructures d'accueil au laboratoire
Hydreco, conventionnement des services.
•- de développer des moyens analytiques en Guyane :
laboratoire de chimie des matériaux et des substances naturelles,
laboratoire de biologie des sols,
•- d'agir pour le développement de la recherche interdisciplinaire
et inter-organismes : association de chercheurs d'autres organismes,
CIRAD, INRA, IRD, ONF, ONCFS et enseignants chercheurs de l'UAG
et de l'ENGREF, renforcement de l'UMR Ecofog, présidence
du GIS Silvolab et prospective pour le GIS IRISTA (Institut de recherche
interdisciplinaire sur les systèmes et territoires amazoniens).
Acquis de la phase 2 : prolongation des actions et consolidation
des recherches sur la biodiversité
La phase II du programme Amazonie a permis de prolonger et renforcer
les actions de la phase 1, en concentrant le domaine d'intervention
scientifique sur des problématiques relatives à la
biodiversité, à tous les niveaux d' organisation du
vivant, en développant aussi bien les aspects théoriques
et cognitifs (évaluation, dynamique et perception de la biodiversité),
que finalisés et appliqués (gestion, santé
et valorisation).
Les moyens de terrain ont été développés
dans l'objectif est de constituer un dispositif de type TGE (Très
grand équipement de recherche) sur les systèmes écologiques
intertropicaux.
Les résultats du programme, au travers des actions de recherche,
de formation et de prospective qu'il a permis de développer,
ont contribué à expérimenter une approche théorique
et conceptuelle de la biodiversité. A son échelle
et sur le modèle amazonien, le programme Amazonie a sur ce
point innové par rapport aux approches scientifiques traditionnelles
de la biodiversité, consistant souvent à une accumulation
d'études de cas qui limité l'accès à
une vision plus synthétique de ce qu'est la biodiversité.
Enjeux scientifiques interdisciplinaires
La pratique de l'interdisciplinarité n'est pas nouvelle.
Elle a prouvé son efficacité, mais les montages interdisciplinaires
ont leur limite, et il existe des freins à la mobilisation
de chercheurs de diverses disciplines autour d'une problématique
commune.
Le programme Amazonie a amené à se confronter au
discours idéologique et à trouver les limites raisonnables
des ambitions, celles qui définissent un "univers des
possibles" en matière de recherche interdisciplinaire
sur la biodiversité.
Parmi les points forts, les liens établis entre la chimie
des substances naturelles, la biologie fonctionnelle, la génétique,
et l 'écologie.
De même, la mécanique et les sciences des matériaux
se regroupent avec l'écologie, la biologie, la génétique
et la chimie, pour les matériaux d'origine biologique, notamment
le matériau bois.
Par ailleurs, les relations entre écologues, biologistes,
épidémiologistes et médecins permettent un
véritable développement d'une écologie de la
santé. Le projet de laboratoire d'excellence CEBA est une
traduction de cette interdisciplinarité réussie.
Le programme Amazonie, dans sa seconde phase, a cherché
à renforcer l'interdisciplinarité là où
elle fonctionne. Mais il a aussi cherché à l'élargir
aux sciences humaines et sociales qui s'étaient peu mobilisé
sur la phase 1. Un volet spécifique "les humains
et la biodiversité", a été mis en place
sur la phase 2. Il a en particulier permis de développer
des approches historiques et spatialisée de la dynamique
des territoires amazoniens.
Enfin, la modélisation et la simulation ont été
intégrées dans la plupart des actions en faisant des
thématiques transversales du programme.
En conclusion...une recherche pour des enjeux économiques,
politiques et sociaux ; pour des enjeux humains en Amazonie
L'espace amazonien évolue spontanément, soumis à
une pression anthropique de plus en plus importante, mais peu ou
pas gérée .
Les besoins prévisibles en terres agricoles accentueront
cette pression. Nous savons ainsi qu'il est illusoire de vouloir
mettre l'Amazonie sous cloche et si l'on tente une action protectionniste,
les choses évolueront quand même d'elles-mêmes,
notamment dans la dimension sociale, mais alors de façon
incontrôlée, voire débridée.
Il s’'agit donc de mettre en place des modes de gestion,
qui autorisent un développement de ces territoires tout en
utilisant et en préservant une part essentielle de leur biodiversité.
Au bout du compte, il s'agit de mieux évaluer cette "part
essentielle" et de s'attacher à comprendre les processus
fondamentaux gouvernant la dynamique de cette biodiversité.
Il faut également identifier et examiner les relations
entre les sociétés humaines d'Amazonie, ou impliquées
en Amazonie, avec leur environnement biologique et écologique.
Tout cela afin d'imaginer des politiques, des règles et des
techniques de gestion et de valorisation, non destructrices et porteuses
d'un développement économique et social à long
terme.
La question est vaste, bien sûr, mais nous espérons
avoir contribué à y répondre au travers des
actions scientifiques que nous avons pu mener et des compétences
scientifiques qui se sont mobilisées autour de nos objectifs.
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