Nicolas Sarkozy en Guyane : le voyage officiel côté Recherche

 

Le président de la République M. Nicolas Sarkozy était en voyage officiel en Guyane les 11 et 12 février 2008. L’un des thèmes phares de ce déplacement était la biodiversité, l’environnement et le développement durable. Les discours prononcés en ce sens comportaient plusieurs points d’accroche sur le secteur de la recherche et de l’enseignement supérieur. Des annonces, dont certaines très concrètes, ont été faites, telle la défiscalisation des activités de recherche et de développement dans le cadre de la nouvelle loi-programme pour l’Outre-mer. Une mission dont le pilotage est confié au directeur de Sanofi-Aventis, M. Jean-François Dehecq, devra permettre de préfigurer un projet de développement ambitieux centré sur la valorisation des ressources naturelles, en lien avec les acteurs locaux. La création d'un conservatoire écologique en Guyane, financé par la redevance du secteur aurifère, est envisagée. Son objet sera en particulier d'accélérer l'inventaire exhaustif des richesses de la faune et de la flore guyanaise. Sur l'Enseignement supérieur, le président Sarkozy a souhaité la consolidation du Pôle universitaire guyanais et l'intégration en son sein de l'ensemble des compétences en matière de recherche en Guyane. La coopération scientifique et universitaire avec le Brésil est encouragée dans le cadre d'un plan d'action franco-brésilien portant, de manière plus large, sur le partenariat stratégique, qui a été présenté par les présidents des deux pays à Saint-Georges de l'Oyapock.

 

Le président Sarkozy a prononcé quatre discours lors de sa visite officielle. Trois d’entre eux faisaient largement référence à la biodiversité, la protection de l’environnement et le développement durable en Guyane. Ces sujets avaient été annoncés comme un thème phare du déplacement présidentiel auquel participaient également Mme Valérie Pecresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche et Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie.

En lien avec ces thèmes, M. Sarkozy a fait des annonces très concrètes concernant directement les secteurs de la recherche et l’enseignement supérieur en Guyane. Lors d’un discours lundi soir à la Chambre de commerce et d’industrie de la Guyane où il s’exprimait devant les acteurs économiques, le président a notamment annoncé la défiscalisation au taux maximum (80%) du secteur de la recherche et du développement dans le cadre de la nouvelle Loi-programme pour l’Outre-Mer.

Il a indiqué avoir confié une mission au directeur de Sanofi-Aventis, M. Jean-François Dehecq afin de définir avec les acteurs locaux un projet de développement ambitieux centré sur la valorisation des ressources naturelles de Guyane, projet qui devra se traduire par des investissements matériels concrets dans les domaines de la pharmacie et des biotechnologies pour les cosmétiques, la santé ou l’agronomie. La mission travaillera en concertation avec les collectivités locales et s’appuiera sur le pôle de compétitivité “Santé tropicale” [NDLR: pôle régional adossé à Lyon Biopole]. L’objectif est de bâtir un système économique complet avec l’engagement de grandes entreprises et la participation de PME, et en encourageant la création de start-up en Guyane ; les jeunes guyanais sont appelés à se positionner sur ce créneau. M. Sarkozy a promis que l’Etat assurera ses responsabilités, notamment financières, pour ce “grand projet”. Le rapport de la mission pilotée par M. Dehecq est attendu pour le 15 juillet.

 

Consolider le PUG

Le volet formation et enseignement supérieur n’est pas en reste. “L’offre de formation doit anticiper les mutations à venir”, a indiqué M. Sarkozy, toujours dans ce discours à la CCIG. Le sujet de l’autonomie de l’université de Guyane a été évoqué. “La question fondamentale n’est pas de savoir si l’Université Antilles-Guyane doit, aujourd’hui, être scindée en plusieurs entités. La question est de savoir comment donner à l’Université en Guyane une envergure et un rayonnement qui lui permette d’atteindre une masse critique et de prétendre réellement à l’excellence” a-t-il déclaré. Il a explicitement souhaité la consolidation, à cette fin, du Pôle universitaire guyanais dans lequel il souhaite l’intégration des compétences en matière de recherche, "pour plus de cohérence et plus d'efficacité". Il a également appelé à l’ouverture du PUG sur de nouvelles universités brésiliennes intéressées - autres que l’Université de Brasilia, déjà partenaire- , faisant aussi référence à l’idée de création d’une académie franco-brésilienne de la biodiversité imaginée avec le président de la République fédérative du Brésil Luiz Inacio Lula Da Silva (“Lula”).

A Camopi, où il s’est exprimé dès son arrivée en Guyane le lundi matin, le président Sarkozy a consacré une large part de ses propos à l’intérêt de la préservation de la richesse écologique de Guyane. Il a rappelé que grâce aux richesses de l’Outre-mer, la France est représentée dans la quasi-totalité des instances internationales de préservation de l’Environnement et peut ainsi “porter son message à travers le monde entier”. Il a qualifié “d’enjeu universel” la protection de la forêt guyanaise avant de mettre son discours en parallèle d’une politique de développement durable entre autres composée par l’accès aux ressources génétiques – rappelant à ce sujet les dispositions particulières du Parc Amazonien de Guyane - et la valorisation de la biodiversité. Ces idées sont également développées dans les discours suivants. Il a fait référence, toujours à Camopi, à sa décision d’arrêter le projet minier Cambior à Kaw. Il a contextualisé cette décision dans la volonté de faire de la France un acteur exemplaire de la protection de l’Environnement sur le plan international.

Nicolas Sarkozy et Lula ont présenté un plan d'action franco-brésilien à Saint-Georges de l'Oyapock le 12 février. Un des volets de ce plan porte sur la coopération universitaire et scientifique pour le développement de l'Amazonie (photo G. Fornet/CNRS)

 

Identification et valorisation de la ressource génétique

Toujours sur Cambior, il s’en est expliqué lundi soir devant les acteurs économiques en mettant en avant sa volonté de considérer les bases du développement durable avec une exigence nouvelle suite au Grenelle de l’Environnement. Il a annoncé, dans ce même discours à la CCIG, la mise en place d’un schéma départemental d’orientation minière et d’aménagement où se superposeraient les cartes des ressources minières, déjà existantes, et la carte de la biodiversité encore incomplète. Il a souhaité que soit créé un conservatoire écologique de Guyane financé par la redevance aurifère et dont le rôle serait d’accélerer l’inventaire exhaustif des richesses de la faune et de la flore en s’appuyant sur le travail déjà réalisé par les organismes scientifiques. Le rôle de ce conservatoire serait aussi de permettre l’identification et la valorisation de la ressource génétique naturelle. Nicolas Sarkozy a qualifié de “coeur de sujet” la valorisation de la biodiversité, affirmant que, si elle ne pouvait sans doute pas produire des retombées économiques à court terme, il s’agissait d’un enjeu gigantesque dans les années à venir.

Le mardi, le président était à Saint-Georges de l’Oyapock où il a rencontré le président de la république fédérative du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva (“Lula”). Dans sa quatrième et dernière allocution officielle, Nicolas Sarkozy a présenté les axes d’un plan d’action franco-brésilien visant à développer le partenariat stratégique entre la France et le Brésil dans ses dimensions transfrontalières, bilatérales et internationales. L’un des volets de ce plan porte sur la protection et la valorisation de l’environnement commun aux deux pays. Il met en avant la coopération entre les administrations gestionnaires des espaces protégés de part et d’autre de la frontière dans le but de créer une dynamique commune pour favoriser l’éco-tourisme dans une optique de développement durable respectueux de la biodiversité et des populations. Dans un second paragraphe, le plan mentionne le développement de la coopération universitaire et scientifique pour le développement durable de l’Amazonie. Les deux présidents ont manifesté l’intention de créer une académie franco-brésilienne de la biodiversité se fondant sur la coopération entre un futur centre d’études et de recherche sur la biodiversité, que le président Lula envisage de créer à Oiapoque, et le Pôle universitaire et scientifique de Guyane.

Le troisième discours, dont il n’est pas ici fait état, portait sur la politque spatiale de l’Europe. Il a été prononcé lors de la visite présidentielle au Centre spatial guyanais le lundi après-midi.

L’ensemble des discours peuvent être téléchargés sur le site de l’Elysée :


- Discours de M. le Président de la République sur les enjeux de l'équilibre environnemental et de la vie des populations en forêt équatoriale – Camopi le 11 février 2008

- Discours de M. le Président de la République au Centre Spatial Guyanais (CNES) – Kourou le 11 février 2008

- Discours de M. le Président de la République devant la Chambre de Commerce et d'Industrie de Cayenne – Cayenne, le 11 février 2008

- Déclaration conjointe de M. Luiz INACIO LULA DA SILVA, Président de la République Fédérative du Brésil et de M. le Président de la République française concernant le Plan d'action Franco-Brésilien – Saint-Georges de l’Oyapock, le 12 février 2008

 

Rédaction : Gaëlle Fornet : 05 94 32 92 15 - - 13/02/08